Le Trillol

Le trillol est un grand récipient (environ 2000 litres) que l’on montait sur un échafaudage, et qui permettait de fouler la grappe des raisins avant de la mettre en foudre.

C’était à la fin des années 50, tous les propriétaires vignerons n’adhéraient pas encore à la cave coopérative ( la cave coopérative de Puilacher n’existait pas encore), ou n’avaient pas de fouloir électrique. C’est dans ce cadre là que j’ai pratiqué le trillol.

La vendange arrivait sur une charrette attelée à un cheval, par lot de 10 à 12 comportes, soit l’équivalent d’une tonne de raisins cueillis. Les préposés au trillol aidés par le  charretier, procédaient tout d’abord au remplissage du récipient. Les comportes étaient remontées jusqu'à la hauteur du trillol qui lui-même était situé sensiblement à la hauteur du foudre à remplir. (Nous dirons 3 à 4 mètres) Cette première opération s’effectuait à l’aide d’un escalier de deux où trois marches, chaque marche ayant environ une hauteur de 80 cm. Le trillol était ainsi rempli de la vendange.

Lorsque l’opération de déchargement de la charrette était terminée, les préposés au trillol entraient en œuvre.

L’opération consistait bien sur à fouler le raisin au pied, et il fallait beaucoup trépigner pour assurer l’écrasement complet de cette masse de vendange. A la fin de l’opération les grappes n’étant plus portantes, nos pieds touchaient le fond du trillol, et nous avions du jus jusqu'à mi-cuisse. Lorsque toutes les grappes étaient bien écrasées, on procédait alors au remplissage du foudre. A l’aide de seaux de vendange, on puisait les grappes et le jus dans le trillol et on le versait dans une trémie qui était tout en haut du foudre, a l'aide d'un crochet, on accompagnait la vendange jusqu'au trou de la trémie et les grappes et le jus se déversaient ainsi dans le foudre. 

Cette opération était effectuée quatre à cinq fois par jour et se terminait bien sur après la journée des vendangeurs.

Bien sur, il restait encore une chose à faire !  C’était de se laver abondamment les jambes en attendant le prochain voyage.

 

PS:  le mot trillol ne figure pas dans les dictionnaires français , et A Lignon me précise ceci.

Vient de l'occitan "trulhar"=fouler donc le fouloir
dictionnaire lexique roger Barthe occitan français

J'ai effectué ce travail pendant toute une vendange en 1958 et j'avais 11 ans.